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Votre parent âgé vit seul, et vous vous interrogez sur les risques à domicile. Ou bien un proche vient de rentrer d'hospitalisation après une fracture. Ou encore, vous ressentez vous-même que certains gestes du quotidien — se lever d'un fauteuil, entrer dans la douche, descendre un escalier — sont devenus plus risqués. L'ergothérapeute est le professionnel de santé formé précisément pour évaluer ces situations et proposer des adaptations concrètes.

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décès par an en France sont liés aux chutes chez les personnes de plus de 65 ans. Les chutes constituent la première cause de décès accidentel dans cette tranche d'âge, devant les accidents de la route. (Source : Ministère de la Santé / Plan national antichute)

Plus de 100 000 hospitalisations par an en France sont directement causées par des chutes chez les personnes âgées. Au-delà du risque vital, une chute peut marquer un tournant : perte de confiance en soi, diminution de l'activité, isolement, entrée en institution. Prévenir, c'est préserver l'autonomie et la qualité de vie.

Pourquoi les chutes surviennent-elles à domicile ?

Une chute est rarement le fruit d'un seul facteur. C'est généralement la conjonction entre des facteurs liés à la personne (troubles de l'équilibre, baisse de la vision, prise de médicaments, faiblesse musculaire) et des facteurs environnementaux (sols glissants, éclairage insuffisant, mobilier mal placé, seuils de porte, absence de barres d'appui) qui crée la situation à risque.

C'est précisément cette double lecture — la personne dans son environnement — qui est au cœur de la démarche de l'ergothérapeute.

Comment se déroule une visite à domicile par l'ergothérapeute ?

L'évaluation de la personne

L'ergothérapeute commence par évaluer les capacités fonctionnelles de la personne : équilibre, force musculaire, mobilité articulaire, acuité visuelle, fonctions cognitives. Il cherche à comprendre ce que la personne fait seule, ce qui lui coûte, et ce qu'elle évite désormais par peur.

L'analyse de l'environnement

Pièce par pièce, l'ergothérapeute identifie les situations à risque : la marche de seuil entre deux pièces, le bord de baignoire à enjamber, le tapis qui glisse, la chaise trop basse pour se relever sans effort, l'interrupteur difficile à atteindre la nuit. Il observe aussi les habitudes de vie réelles — les trajets nocturnes vers les toilettes, les activités pratiquées seul — pas uniquement la configuration théorique du logement.

Les préconisations

Au terme de la visite, l'ergothérapeute remet un rapport détaillé avec ses recommandations, hiérarchisées par priorité. Ces préconisations peuvent être très simples (déplacer un meuble, changer l'emplacement d'un interrupteur) ou impliquer des travaux d'adaptation (installation d'une douche à l'italienne, pose d'une barre de douche, remplacement de la baignoire).

Quelles adaptations concrètes peut-on mettre en place ?

  • Salle de bain : siège de douche, barre d'appui (aux WC et à la douche), tapis antidérapant, douche à l'italienne en remplacement de la baignoire
  • Circulation : éclairage nocturne automatique, suppression des tapis, fixation des câbles, élargissement des passages si fauteuil roulant ou déambulateur
  • Chambre : lit à la bonne hauteur, lève-personne si nécessaire, chevet accessible, veilleuse
  • Escaliers : main courante des deux côtés, nez de marche contrastés, éclairage adapté
  • Aides techniques : déambulateur, canne, rehausseur de siège, aide à l'habillage
Bon à savoir : Certains travaux d'adaptation du domicile peuvent bénéficier d'aides financières — notamment MaPrimeAdapt' (dispositif national), les aides des caisses de retraite (Carsat, Agirc-Arrco), ou les financements de l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) pour les personnes en perte d'autonomie. L'ergothérapeute peut vous orienter dans ces démarches.

Quand faut-il faire intervenir un ergothérapeute ?

Il est préférable d'anticiper plutôt que d'attendre une chute ou un accident. Plusieurs situations méritent de consulter :

  • Un proche âgé vivant seul qui commence à restreindre ses activités par peur de tomber
  • Un retour à domicile après hospitalisation (fracture, AVC, opération)
  • L'apparition d'une maladie chronique (Parkinson, arthrose sévère, insuffisance cardiaque) qui modifie les capacités fonctionnelles
  • Un projet de vieillissement à domicile que l'on souhaite anticiper et préparer
Prescription médicale : Une visite à domicile en ergothérapie libérale nécessite une prescription du médecin traitant. Elle n'est pas remboursée par l'Assurance maladie en libéral, mais peut être financée en partie par certaines mutuelles ou via des dispositifs locaux. Renseignez-vous auprès de la CARSAT ou du CCAS de votre commune.

L'ergothérapeute, un acteur du Plan national antichute

Depuis 2022, l'État a déployé des Plans régionaux antichute dans chaque région française, coordonnés par les Agences Régionales de Santé (ARS). L'ANFE (Association Nationale Française des Ergothérapeutes) est pleinement reconnue comme acteur de cette prévention, notamment à travers les visites à domicile et la formation des professionnels.

Cette reconnaissance institutionnelle confirme ce que les ergothérapeutes font depuis longtemps : une intervention préventive à domicile, réalisée en amont d'une chute, est bien plus efficace — et moins coûteuse — qu'une prise en charge curative après accident.

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📚 Sources et références

  • Ministère de la Santé / ARS — Plans régionaux antichute des personnes âgées 2022-2024 : sante.gouv.fr (PDF)
  • ANFE — La prévention primaire des chutes des personnes âgées vivant à domicile : anfe.fr
  • ANFE — Réussir l'adaptation des logements grâce à l'ergothérapie, janvier 2021 : anfe.fr (PDF)
  • ARS Auvergne-Rhône-Alpes — Plan antichute des personnes âgées : ars.sante.fr