← Retour au blog

Votre enfant est maladroit depuis toujours, peine à apprendre à faire ses lacets, évite le sport, est lent dans tout ce qui demande un geste précis — mais il comprend vite, parle bien, est curieux et intelligent. Cette dissociation entre les capacités intellectuelles et les difficultés gestuelles est souvent caractéristique du trouble développemental de la coordination (TDC), encore appelé dyspraxie.

TDC et dyspraxie : de quoi parle-t-on ?

Le terme "dyspraxie" est largement utilisé en France par les familles et les professionnels de santé, mais la classification internationale actuelle (DSM-5) emploie le terme de Trouble Développemental de la Coordination (TDC). Les deux expressions désignent la même réalité.

Selon l'expertise collective de l'Inserm publiée en 2019, le TDC est un trouble fréquent qui se manifeste principalement dans des habiletés gestuelles, et se traduit souvent par des difficultés d'apprentissage à l'école ainsi que par des limitations dans les activités de la vie quotidienne — à la maison, à l'école, dans les activités sportives ou manuelles.

Le TDC concerne 5 à 6 % des enfants d'âge scolaire. Il s'agit donc d'un trouble commun, mais qui reste souvent identifié tardivement, parfois confondu avec un manque de motivation ou de concentration.

À noter : Le TDC est fréquemment associé à d'autres troubles neurodéveloppementaux — TDA/H, dyslexie, dysgraphie, troubles du langage. Cette co-occurrence est la règle plus que l'exception. Un bilan global est donc souvent plus pertinent qu'une évaluation isolée.

Comment reconnaître un TDC ?

Les signes varient selon l'âge, mais certains sont récurrents :

  • Petite enfance : retard pour marcher, courir, sauter ; difficultés à s'habiller seul (boutons, fermetures éclair, lacets) ; maladresse dans les jeux de construction
  • À l'école primaire : écriture lente et peu lisible, difficulté à utiliser des ciseaux, à dessiner, à tracer ; lenteur dans la copie ; difficultés à faire du vélo, à attraper une balle
  • Au quotidien : l'enfant évite les activités manuelles ou sportives, se fatigue vite, doit se concentrer intensément pour des gestes que les autres automatisent

Ce qui est frappant avec le TDC, c'est souvent la fatigue que ces enfants accumulent en compensant leurs difficultés gestuelles par un effort cognitif constant. Un enfant qui doit "réfléchir" à chaque geste que d'autres font machinalement s'épuise bien avant la fin de la journée.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic du TDC repose sur une évaluation pluridisciplinaire. Il nécessite qu'un médecin (pédiatre, neuropédiatre, médecin de rééducation) confirme que les difficultés ne s'expliquent pas par une autre pathologie neurologique ou une déficience intellectuelle.

L'ergothérapeute réalise un bilan moteur standardisé — notamment le Movement Assessment Battery for Children (M-ABC), outil de référence international pour évaluer les compétences motrices de l'enfant. Ce bilan comprend des épreuves de dextérité manuelle, de coordination bimmanuelle, d'équilibre et de coordination motrice globale.

L'évaluation ergothérapeutique inclut également l'observation des activités de la vie quotidienne, qui permet de mesurer l'impact réel du trouble sur le fonctionnement de l'enfant au-delà des tests.

Quel est le rôle de l'ergothérapeute dans l'accompagnement ?

La rééducation des habiletés motrices

L'ergothérapeute travaille sur la coordination œil-main, la précision du geste, l'organisation motrice des séquences d'action. Les activités proposées sont adaptées à l'âge de l'enfant et motivantes — le travail autour du jeu est central, notamment chez les plus jeunes.

L'apprentissage des gestes du quotidien

Faire ses lacets, s'habiller, utiliser des couverts, écrire : ces gestes sont souvent enseignés selon des approches spécifiques adaptées au TDC, qui travaillent la séquentialisation et la mémorisation des étapes motrices.

Les compensations et aménagements

Certains gestes restent durablement difficiles malgré la rééducation. L'ergothérapeute propose alors des stratégies de compensation : matériel adapté (stylos ergonomiques, guides-doigts, attaches-lacets), utilisation du clavier comme alternative à l'écriture manuscrite, aménagements scolaires.

Les recommandations aux familles et à l'école

L'accompagnement ne s'arrête pas au cabinet. L'ergothérapeute conseille les parents sur la façon d'adapter les activités à la maison, et peut formuler des préconisations pour l'équipe éducative (PAP, accès à l'ordinateur, tiers-temps, aménagement de la classe).

Prescription médicale : Pour consulter en ergothérapie libérale, une prescription médicale est nécessaire. Parlez-en au pédiatre ou au médecin traitant de votre enfant. En CAMSP, CMPP ou CMP, les séances sont entièrement prises en charge sans avance de frais.

Quand consulter ?

L'Inserm souligne l'importance d'un repérage précoce pour limiter les répercussions sur la scolarité, l'estime de soi et la vie sociale. Si vous observez des difficultés persistantes et significatives dans les activités gestuelles de votre enfant, n'attendez pas. Une évaluation permet soit de rassurer, soit d'identifier ce qui peut être mis en place.

Votre enfant présente des difficultés de coordination ou de motricité ?

Réservez un échange téléphonique de 15 min avec Mona pour évaluer ensemble l'opportunité d'un bilan.

📚 Sources et références

  • Inserm — Expertise collective : Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie, 2019 : inserm.fr
  • Ameli.fr — Dyspraxie ou trouble développemental de la coordination : rééducation et soins : ameli.fr
  • Ameli.fr — Dyspraxie de l'enfant : symptômes, diagnostic et évolution : ameli.fr
  • Henderson S.E., Sugden D.A. & Barnett A.L. — Movement Assessment Battery for Children – 2nd Edition (M-ABC-2), Pearson Assessment
  • Société canadienne de pédiatrie — L'évaluation, le diagnostic et la prise en charge du trouble développemental de la coordination : cps.ca